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06.02.2008

Vous avez dit diversité ? Blog, DNA, et cetera

fc5c7a975bf3229f9f5f2655e4936511.jpgLe billet des DNA, daté du 31 janvier et signé de la main de Christian Bach, a suscité de nombreuses réactions. Parmi celles-ci, nombreuses ont été celles de soutien à la liste USD, à l’instar des encouragements lus ici ou , pour n’en citer que deux. Vos réactions, croyez-moi, me touchent ainsi que l’ensemble de mes colistiers. Sur les «bons mots» de quelques militants, notamment socialistes, permettez-moi de passer. Non pas que je n’y prête pas attention mais que Strasbourg mérite mieux, je crois, que quelques bagarres stériles de cours d’école. De passer à une exception près quand même : une réaction à cette question de Bruno1: «"Les diversités", c’est quoi, au fait ? Comment on sait qu’on est, ou qu’on n’est pas, un "candidat de la diversité"?».


La diversité c’est déjà accepter qu’un individu est multiple, à l’image d’une ville: par ses origines sociales, culturelles ; par ses engagements personnels, par son parcours professionnel ou universitaire ; par sa qualité de femme ou d’homme. La diversité est tout cela à la fois. Un individu, quel qu’il soit, n’a pas d’identité figée. Il est métis par essence. Non pas simplement de peau mais aussi de cœur et d’esprit. (Re)lisez le Traité du Tout Monde d’Edouard Glissant (http://www.edouardglissant.com/), ce bel homme de lettres qui fit un temps les beaux jours de Strasbourg au côté de Christian Salmon et de leur Parlement international des écrivains.

La diversité c’est aussi accepter qu’une ville est avant tout celle de ses citoyens, tous autant qu’ils sont, avant celle des partis politiques. Une ville n’est pas celle d’un élu : un élu est au service d’une ville et de ses habitants, non l’inverse. La nuance, trop souvent oubliée, est, croyez-le bien, de taille.

La diversité est une richesse humaine, pas un alibi électoral comme cela est, là encore, trop fréquemment le cas. La diversité consiste bien plus qu’à mettre, comme certains se plaisent à le faire, un ou une candidate de «couleur» en bonne place sur leur liste. On peut être divers sans autre couleur que la sienne. L’alibi communautaire n’est en rien gage de diversité. Il n’est que le reflet de pratiques clientélistes indignes de ceux qui les pratiquent, et insultantes envers les électeurs.

La diversité est un état d’esprit qui consiste aussi à ne pas railler ce qui est différent, ce qui sort par exemple du giron des partis traditionnels. Un citoyen non affilié au PS, à l’UMP ou au MoDem aurait-il moins de valeur qu’un militant encarté ? C’est ce que j’entends quand je lis cette phrase : «Maître Tenesso n’est pas le candidat "de la diversité", c’est le candidat des communautarismes.» En sommes-nous encore là ? A des petites phrases assassines. Ce militant socialiste, partisan de Roland Ries, aurait-il seulement écrit cela si le candidat qu’il décriait ici avait été blanc ? Qui est communautaire ? Celui qui, comme l’appelle de ses vœux l’USD, cherche à rassembler ou celui qui, comme le fait ce militant - osons l’espérer non représentatif du parti socialiste strasbourgeois et moins encore de la pensée de Roland Ries -, stigmatise celles et ceux qui ne pensent pas comme lui ?

Les partis traditionnels n’ont-ils vraiment rien compris des changements profonds et citoyens que vivent cette ville et ce pays ? Attaquez-moi, si vous le voulez, sur le fond de mon engagement, sur ma vision de ce que devrait être Strasbourg, sur mon attachement à la démocratie locale. Les occasions ne manqueront pas. Tous ces sujets, je les aborderai ici, sur ce blog, dans les jours à venir. Mais de grâce, sortez du militantisme stérile et avilissant. Mettez vos certitudes et autres dogmes militants de côté. Les Strasbourgeois méritent un vrai débat, une véritable confrontation d’idées, de projets. Pas de petites phrases qui ne cherchent qu’à servir quelques ambitions personnelles et à combler un vide profond d’ambition pour Strasbourg et les Strasbourgeois.

Photo empruntée à Deariel